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Cévennes mystérieuses
Une besace remplie de poésie
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Une besace remplie de poésie

Ce personnage intriguait le jeune garçon de quinze ans que j’étais.
Il traversait le village avec son chien Sultan, sur son dos une besace remplie de pain ou de provisions, il n’avait pas l’accent d’ici et pour cause c’était un « étranger », un normand qui ayant épousé une veuve du pays s’était fixé avec elle pour la retraite au hameau des Portes Basses. Doué d’une éloquence d’avocat, il ne manquait pas de deviser avec les gens qu’il rencontrait, mais derrière son dos on murmurait que c’était un « imaginaïre » qui à ses temps perdu écrivait des poèmes.
C’est dans le froid glacial du car Prunet qui me ramenait du collège de Saint Jean du gard, que ce brave homme me fit découvrir la poésie. En effet ce septuagénaire enthousiaste revenait de ses cours de rhétorique qu’il suivait à Montpellier et durant ces samedis de décembre il me dévoila toutes les figures des poèmes ainsi vers, rimes, pieds, alexandrins, allégorie, hémistiche, allitération… n’eurent plus de secret pour moi.
Je relis souvent les excellents poèmes qu’il à laissé dans son petit livre « Des fleurs glanées dans l’azur » qui a reçu de nombreux prix lors de jeux floraux dans toutes les régions de France. J’ai remarqué une pièce que je livre à cette page de Castagnet sur la poésie, en son souvenir.

Maurice Roux

Les poètes

Les poètes ne sont que de fins ciseleurs
Dont les brillants joyaux offrent des mots sublimes,
Que leur esprit façonne avec de nobles rimes
Et la muse parfume avec d’exquises fleurs.

Les poètes sont tous des chantres de la nuit,
Quand pâle à l’horizon, Phébé la paresseuse,
Musarde dans l’azur et douce ensorceleuse
Fait résonner leurs luths quand son disque sourit.

Les poètes ravis sont peintres des saisons,
Le printemps les enchante et l’été les attire ;
L’automne est leur langueur ; l’hiver s’offre à leur lyre,
Ils ouvrent tout leur cœur aux changeants horizons.

Poètes égrenez les meilleurs de vos jours,
Aimer les splendeurs de la riche nature ;
Chantez les bois, les monts, la champêtre verdure
Et foulez les chemins des joyeux troubadours.


Charles Lebailly

Cet article est publié sur le blog « Un village en Cévennes »
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