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moi de mai 1996
Cévennes
mystérieuses
Une
besace remplie de poésie
Transparence

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Une besace remplie de poésie
Ce personnage intriguait le jeune garçon de quinze ans que
j’étais.
Il traversait le village avec son chien Sultan, sur son dos une
besace remplie de pain ou de provisions, il n’avait pas l’accent
d’ici et pour cause c’était un « étranger »,
un normand qui ayant épousé une veuve du pays s’était
fixé avec elle pour la retraite au hameau des Portes Basses.
Doué d’une éloquence d’avocat, il ne
manquait pas de deviser avec les gens qu’il rencontrait,
mais derrière son dos on murmurait que c’était
un « imaginaïre » qui à ses temps
perdu écrivait des poèmes.
C’est dans le froid glacial du car Prunet qui me ramenait
du collège de Saint Jean du gard, que ce brave homme me
fit découvrir la poésie. En effet ce septuagénaire
enthousiaste revenait de ses cours de rhétorique qu’il
suivait à Montpellier et durant ces samedis de décembre
il me dévoila toutes les figures des poèmes ainsi
vers, rimes, pieds, alexandrins, allégorie, hémistiche,
allitération… n’eurent plus de secret pour moi.
Je relis souvent les excellents poèmes qu’il à laissé dans
son petit livre « Des fleurs glanées dans
l’azur » qui a reçu de nombreux prix lors
de jeux floraux dans toutes les régions de France. J’ai
remarqué une pièce que je livre à cette page
de Castagnet sur la poésie, en son souvenir.
Maurice Roux
Les poètes
Les poètes ne sont que de fins
ciseleurs
Dont les brillants joyaux offrent des mots sublimes,
Que leur esprit façonne avec de nobles rimes
Et la muse parfume avec d’exquises fleurs.
Les poètes sont tous des chantres de la nuit,
Quand pâle à l’horizon, Phébé la
paresseuse,
Musarde dans l’azur et douce ensorceleuse
Fait résonner leurs luths quand son disque sourit.
Les poètes ravis sont peintres des saisons,
Le printemps les enchante et l’été les attire
;
L’automne est leur langueur ; l’hiver s’offre à leur
lyre,
Ils ouvrent tout leur cœur aux changeants horizons.
Poètes égrenez les meilleurs de vos jours,
Aimer les splendeurs de la riche nature ;
Chantez les bois, les monts, la champêtre verdure
Et foulez les chemins des joyeux troubadours.
Charles Lebailly
Cet article est publié sur le blog « Un
village en Cévennes »
http://mike.blog.lemonde.fr/
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